Accueil › Blog › Sifflement de quelques secondes
Un son aigu, soudain, dans une seule oreille. Il monte, tient quelques secondes, parfois avec une sensation d'oreille bouchée, puis s'efface. Presque tout le monde l'a vécu, et presque tout le monde se demande s'il faut s'inquiéter. Voici ce qu'on en sait, et la courte liste de ce qui justifierait un contrôle.
C'est une brève décharge spontanée dans la voie auditive, fréquente chez des personnes dont l'audition est parfaitement normale. Le son arrive dans une oreille, atteint son maximum en une ou deux secondes et s'éteint en moins d'une minute. Isolé, il n'est pas considéré comme le signe d'un problème.
Rarement. Cela mérite un contrôle si l'épisode se répète plusieurs fois par jour, s'il dure des minutes plutôt que des secondes, s'il s'accompagne d'une baisse d'audition ou de vertiges, ou si un son continu s'installe et ne s'efface plus. Les résultats individuels varient considérablement.
Le schéma est assez caractéristique pour que les professionnels le reconnaissent à la description : un son soudain dans une oreille, souvent avec une sensation passagère de plénitude ou d'audition étouffée du même côté, qui culmine vite puis s'efface en quelques secondes à une minute. Certaines personnes le remarquent quelques fois par an, d'autres quelques fois par mois. C'est différent d'un acouphène persistant, présent la plupart du temps.
L'explication la plus courante est une variation brève et spontanée de l'activité des fibres nerveuses ou des cellules ciliées externes de l'oreille interne. Le cerveau reçoit pendant un instant un signal inhabituel, l'interprète comme un son, puis tout se remet en place. La sensation d'oreille bouchée qui l'accompagne parfois viendrait de la même perturbation transitoire.
La quasi-totalité des adultes à l'audition normale disent entendre des sons lorsqu'on les place dans une pièce suffisamment silencieuse : le système auditif produit une activité propre même en l'absence de toute source sonore.
Heller MF, Bergman M. Tinnitus aurium in normally hearing persons. Annals of Otology, Rhinology & Laryngology. 1953;62(1):73–83.Les deux se confondent parce qu'il s'agit dans les deux cas d'un son sans source extérieure. La différence tient à la durée et au schéma, et c'est elle qui décide de la suite.
Si votre expérience se range dans la colonne de gauche, c'est la forme courante et sans gravité. Si elle glisse vers la droite — plus long, plus fréquent, les deux oreilles — la suite de cette page compte davantage, tout comme le guide des premières 48 heures.
Il existe peu de recherche formelle sur ce qui déclenche ces épisodes. Les associations ci-dessous viennent de ce que les gens rapportent de façon constante et de ce qu'on sait du système auditif en général. Aucune n'est prouvée ; toutes sont plausibles.
Un système nerveux fatigué est plus enclin aux décharges spontanées de toute nature. Les épisodes se regroupent souvent dans les mauvaises semaines.
Le stress augmente l'excitabilité des voies auditives. Il ne provoque pas l'épisode, mais il peut en abaisser le seuil.
Une journée bruyante — concert, outils, long vol — peut être suivie de plusieurs épisodes dans les jours où l'oreille se remet.
Rapportés par certaines personnes, non confirmés par la recherche. À observer pour soi plutôt qu'à supposer.
Le silence ne provoque pas l'épisode, mais il le rend beaucoup plus perceptible. Dans un environnement animé, le même événement passe souvent inaperçu.
L'épisode en lui-même n'est pas le sujet. Ce qui compte, c'est un changement de schéma. Prenez rendez-vous avec un ORL ou un audioprothésiste si l'un des points suivants s'applique.
Occasionnel, c'est normal. Plusieurs fois par jour, surtout si c'est nouveau, ça se regarde.
La durée est l'une des lignes de partage les plus nettes entre ce phénomène et quelque chose qui demande attention.
Une sensation d'étouffement qui ne s'efface pas après le son, ou l'impression qu'une oreille entend moins que l'autre.
Sifflements épisodiques avec vertiges et audition fluctuante : un schéma qu'un spécialiste doit évaluer.
Si un sifflement apparaît et qu'il est encore là des heures plus tard, suivez le guide des premières 48 heures.
Rien, ou presque. L'épisode s'éteint tout seul. Ce qui aide, c'est de ne pas en faire un événement : ne pas boucher l'oreille, ne pas appuyer dessus, ne pas aller dans une pièce calme pour vérifier s'il s'est arrêté. L'attention prolonge la perception de n'importe quel son interne.
Il s'efface en quelques secondes à une minute. Continuez ce que vous faisiez.
Écouter dans le silence pour vérifier s'il est revenu est le seul comportement qui transforme un épisode anodin en boucle d'anxiété.
Si la fréquence ou la durée change, c'est l'information dont un professionnel a besoin. Un épisode isolé n'en est pas une.
Un léger fond sonore rend n'importe quel son bref moins saillant. Il n'empêche pas l'épisode ; il l'empêche d'être le seul son de la pièce.
C'est l'une des expériences les plus courantes de l'audition, et chez la grande majorité des personnes elle ne signifie rien. Le système auditif n'est pas une mécanique silencieuse ; il produit une activité propre, et il arrive qu'on la remarque.
Les résultats individuels varient considérablement, et un changement de schéma vaut toujours une conversation avec un professionnel — mais quelques secondes de sifflement de temps en temps ne sont pas ce changement.
Un sifflement bref se remarque beaucoup moins quand il n'est pas le seul son. Un fond léger et régulier, à volume confortable, avec une minuterie à fondu, rend les heures calmes plus faciles.